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Vente présumée de mosquée à Koloma 2 : indexé, Sidy Bah livre sa version des faits

13 mai 2026

Le conflit domanial autour d’une concession située à Koloma 2 continue de susciter de nombreuses réactions depuis près d’un an. Pointé du doigt dans ce dossier présenté par certains comme une affaire de « vente de mosquée et de morgue », Sidy Bah, ancien chef de quartier et ex-maire, est sorti du silence ce mardi 12 mai 2026 pour livrer sa version des faits.

Dans une déclaration détaillée, il rejette toute idée de vente d’un lieu de culte et affirme que le différend porte plutôt sur une maison lui appartenant, construite bien avant l’agrandissement de la mosquée voisine.

Revenant sur l’origine du problème, Sidy Bah explique que le terrain ayant servi à la construction de la mosquée avait été offert par son beau-père à la communauté, avant qu’il ne cède lui-même une partie du domaine au nom de la religion.

« Concernant la mosquée, c’est une première pour moi d’apprendre qu’on peut vendre une mosquée. C’est mon beau-père lui-même qui a offert le terrain à la communauté afin d’y construire une véritable mosquée, car il ne s’agissait au départ que d’un petit sanctuaire. Lorsqu’ils ont voulu agrandir, une délégation est venue me demander quelques mètres supplémentaires au nom de la religion. Je leur ai donné sept mètres. Mais la maison qui se trouve aujourd’hui sur le terrain conflictuel était déjà construite depuis six ans », affirme-t-il.

Selon l’ancien maire, les tensions ont commencé après la construction d’une morgue à proximité immédiate de sa concession, sans qu’il ne soit consulté.

« Je pouvais passer plusieurs mois sans venir à Conakry à cause de mon projet d’élevage à Dubréka. À mon retour, j’ai découvert qu’ils avaient construit une morgue sur le terrain voisin. Je n’avais pas été informé. J’ai demandé pourquoi ils avaient agi ainsi alors qu’ils savaient que cette maison m’appartient. Ils m’ont demandé pardon et, comme c’était déjà fait, j’ai laissé tomber », raconte-t-il.

Mais, d’après Sidy Bah, la situation s’est aggravée lorsque des responsables locaux auraient décidé d’installer l’imam et le muezzin dans sa maison après leur déguerpissement.

« Le conseil de quartier s’est réuni et a pris l’initiative de les loger dans ma maison, alors que cette maison ne leur appartient pas. Ils ont enlevé la toiture, la charpente et commencé à casser les murs sans informer aucun membre de ma famille. C’est un chef de carré qui a constaté la situation et alerté un de mes neveux avant que je ne sois informé », explique-t-il.

Sidy Bah affirme que plusieurs délégations sont ensuite venues solliciter son accord afin que le bâtiment serve de logement aux religieux, mais qu’il a refusé.

« Ils sont venus à deux reprises me demander pardon et expliquer qu’ils cherchaient un logement pour les religieux. Je leur ai répondu que je ne pouvais pas transformer ma maison en logement pour l’imam, alors qu’il a déjà sa famille dans les environs. Même les femmes sont venues demander pardon, mais je n’ai pas accepté, parce qu’ils auraient dû chercher à connaître le propriétaire avant de toucher à cette maison », soutient-il.

Alors que certains accusateurs présentent ce bâtiment comme un domaine relevant de l’État, l’ancien chef de quartier assure avoir privilégié la voie administrative afin d’éviter toute escalade. Il affirme avoir saisi les autorités locales, religieuses ainsi que les services de l’Habitat pour faire reconnaître ses droits sur la concession.

« Je n’ai pas usé de violence, sinon cela aurait pu créer des problèmes dans le quartier. Je me suis rendu avec mes documents chez le secrétaire général des Affaires religieuses. Lorsqu’il a vu les papiers, il s’est calmé. À l’Habitat aussi, ils ont affirmé que cet endroit n’appartient pas à l’État et que la maison a été construite par Bah Sidy », déclare-t-il.

Alors que le différend continue d’alimenter les débats à Koloma 2, Sidy Bah assure qu’il ne compte pas céder sa propriété. Réagissant aux rumeurs selon lesquelles le lieu aurait été vendu, il répond :

« C’est mon terrain. Si je veux, je vends ou je construis. C’est mon terrain, donc j’en fais ce que bon me semble. »

À ce jour, il affirme vouloir uniquement « une délimitation claire entre la mosquée et sa maison afin de mettre fin aux tensions ».

Mayi Cissé

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Last modified: 13 mai 2026

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