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Félix Lamah retrouve l’Agriculture : « le défi à relever est l’autosuffisance alimentaire en Guinée »

29 juillet 2026

Le Ministère de l’Agriculture a officiellement changé de main ce mercredi avec la passation de service entre Aminata Kaba, nommée ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, et Félix Lamah, qui effectue son retour à la tête de ce département stratégique après l’avoir dirigé du 13 mars 2024 au 29 juillet 2025.

La  cérémonie s’est déroulée en présence du Conseiller Personnel du Président de la République Elhadj Thierno Mamadou Bah, du Ministre Secrétaire général du gouvernement, du Vérificateur général de la République, de Rose Pola Pricemou, des Ministres Alpha Bacar Barry, Ismaël Nabé, Khaïté Sall, Béa Diallo, des cadres du Département et de plusieurs autres invités.

La passation de service a été marquée par le discours du ministre entrant, qui a placé l’autosuffisance alimentaire au cœur de ses priorités.
Quelques mois après son arrivée à la tête du ministère, Aminata Kaba a transmis les rênes de l’Agriculture à son prédécesseur. Dans son discours, elle a  exprimé sa gratitude au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour la confiance placée en elle.
Dans son allocution, Aminata Kaba a rappelé le rôle central de l’agriculture dans le développement économique et social de la Guinée, soulignant qu’elle demeure : « Le socle de notre développement économique et social » et un levier essentiel de la souveraineté alimentaire, de l’emploi et de la réduction de la pauvreté.
Revenant sur son passage à la tête du département, elle a salué le travail accompli avec les cadres du ministère, les producteurs, les organisations paysannes, le secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers.


« Durant l’exercice de cette noble mission, nous avons œuvré avec détermination aux côtés des cadres et agents du département en charge de l’Agriculture, des producteurs, des organisations paysannes, du secteur privé et de nos partenaires techniques et financiers, afin de contribuer au développement d’une agriculture plus moderne, plus résiliente et surtout plus compétitive », a-t-elle déclaré.

« Les défis sont encore là »

Si elle s’est félicitée des avancées enregistrées, Aminata Kaba a reconnu que le secteur agricole reste confronté à de nombreux défis, notamment la transformation de l’agriculture, l’adaptation au changement climatique, l’amélioration de la productivité, la valorisation des chaînes de valeur, l’attraction des investissements et une meilleure implication des jeunes.
S’adressant directement à son successeur, elle s’est dite convaincue que son expérience constitue un atout pour poursuivre les réformes.
« Je suis convaincue que son expérience au sein de ce département et son engagement sont des atouts majeurs qui permettront de consolider les acquis et de poursuivre cette noble mission vers de nouveaux succès », a affirmé la ministre sortante.
Avant de quitter le Département de l’Agriculture, Aminata Kaba a assuré partir « avec le sentiment d’avoir servi l’État avec loyauté, dévouement et détermination », tout en appelant à préserver l’unité d’action pour poursuivre les réformes engagées.

Félix Lamah de retour : « Attachez vos ceintures »

Félix Lamah a retrouvé un Ministère qu’il connaît bien. Dans son intervention, il a remercié le Président de la République pour « la confiance renouvelée » avant de rendre hommage au travail accompli par Aminata Kaba.


« Le ministère de l’Agriculture est un ministère complexe. Lancer une campagne agricole n’est pas chose facile… vous l’avez fait. Et y arriver, dans un contexte que nous connaissons, c’est pas donné à tout le monde. Nous continuerons sur les projets entamés pour pouvoir les faire aboutir », a-t-il assuré.
Puis, s’adressant aux cadres du département, le ton est rapidement devenu plus direct.
« Comme on se retrouve ! (…) Vous devez attacher la ceinture. Vous me connaissez déjà. Attachez bien les ceintures, parce que ça va repartir. Il n’y a que le terrain qui peut nous permettre de réussir ».
Un message qui résume sa méthode de travail : privilégier les missions de terrain pour rester au contact des producteurs et des réalités agricoles.

Miser sur le terrain et désenclaver les zones de production

Pour illustrer sa vision, Félix Lamah est revenu sur une mission effectuée en 2024 dans la préfecture de Mandiana, où il avait visité une localité jamais parcourue, selon lui, par un ministre depuis l’indépendance.
Cette immersion lui avait permis de mesurer les difficultés des producteurs, mais aussi le potentiel agricole du pays.
Il a notamment évoqué la découverte de 1 000 hectares de terres agricoles nécessitant des aménagements, ainsi que l’importance des infrastructures, citant le lancement d’un pont à Bankoumana, destiné à faciliter l’écoulement des productions.
Pour le ministre, la priorité est désormais claire : accélérer la réalisation des pistes rurales et multiplier les aménagements hydro-agricoles.
« Sans la maîtrise de l’eau, nous ne pouvons pas produire », a-t-il insisté.

Transformer localement pour créer de la richesse

Inscrivant son action dans le cadre du programme Simandou 2040, Félix Lamah estime que la Guinée doit désormais franchir une nouvelle étape : développer la transformation locale des produits agricoles.
Selon lui, produire ne suffit plus.
« Nous devons aller vers les industries agroalimentaires. C’est ce qui crée de la valeur, c’est ce qui crée de la richesse », a-t-il déclaré.
Il ambitionne également d’accroître la contribution du secteur agricole à l’économie nationale en misant sur une production plus importante et davantage de valeur ajoutée.

Réduire les importations de riz

Le ministre entrant a particulièrement insisté sur la nécessité de diminuer les importations de riz, alors que la Guinée dispose, selon lui, d’importantes terres cultivables.
« Nous importons la première denrée que nous consommons le plus en République de Guinée : le riz. (…) Il va falloir inverser la tendance, produire plus et réduire significativement les importations de produits agricoles dans notre pays », a-t-il lancé.
Pour y parvenir, Félix Lamah entend accélérer la mécanisation, promouvoir les technologies agricoles et renforcer la recherche afin de produire des semences locales performantes.
Prenant l’exemple des rendements obtenus avec le riz hybride chinois à Koba, il a appelé les chercheurs guinéens à développer des variétés nationales capables d’atteindre des niveaux de productivité comparables.
« Les pays qui ont réussi à développer leur agriculture, c’est parce qu’ils ont travaillé sur la recherche », a-t-il souligné.

L’autosuffisance alimentaire comme priorité

Félix Lamah a fixé un objectif ambitieux : faire de la Guinée un pays autosuffisant sur le plan alimentaire dans les prochaines années.

« Il ne suffit pas simplement de produire, il faut changer de paradigme : il faut transformer localement pour créer de la valeur. Et c’est ça que le Président de la République attend. En tout cas, la vision est très claire : atteindre l’autosuffisance alimentaire en République de Guinée. Le Président de la République n’attend que ça : atteindre l’autosuffisance alimentaire en République de Guinée », a-t-il déclaré.

Il souhaite notamment atteindre les 5 millions de tonnes de riz nécessaires à l’autosuffisance et favoriser l’émergence d’industries agroalimentaires créatrices d’emplois pour les jeunes et les femmes : « dans le cadre du programme Simandou 2040, nous devons inverser la tendance. Les trois prochaines campagnes agricoles, nous devons réussir à ce que les 5,5 millions de tonnes dont nous avons besoin pour être autosuffisants en riz, nous puissions les atteindre. Et je pense que c’est possible ».
Selon Félix Lamah, le défi à relever, c’est « l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle en République de Guinée. Au moins dans les 5 années à venir, nous devons relever ce défi, qu’on puisse dire : grâce au programme Simandou 2040, la Guinée est devenue autosuffisante ».

Les autres l’ont fait, nous pouvons aussi le faire. Nous ne sommes pas maudits », a-t-il conclu, appelant l’ensemble des acteurs à privilégier « l’intérêt général du pays » afin de réussir cette ambition.

 

 

Sadjo Bah

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Last modified: 29 juillet 2026

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