
Le procès opposant le ministère public à Seydouba s’est ouvert ce mercredi 9 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Kaloum. L’affaire a finalement été renvoyée au 16 septembre prochain pour les réquisitions et les plaidoiries.
En détention depuis le 1er septembre 2026, Seydouba est poursuivi pour des faits présumés de « tentative de troubles à l’ordre public ».
Le prévenu a été interpellé à bord d’un taxi clandestin par un gendarme du nom de Mohamed. Ce dernier lui reproche d’avoir évoqué, lors d’une conversation avec le chauffeur, des informations faisant état d’une situation préoccupante qui pourrait survenir dans le pays entre octobre et novembre prochains. Le chauffeur a pris la fuite au moment de l’interpellation.
Une accusation rejetée par le prévenu.
« J’ai été interpellé dans un taxi à 20 heures, alors que je me rendais chez ma fiancée. J’étais au téléphone quand j’ai entendu le chauffeur qui parlait de la politique. Moi aussi, je me suis mêlé. Le chauffeur a dit que le Premier ministre a dit de serrer les ceintures, que c’est le bon moment de se ravitailler. J’ai répondu en disant que j’ai aussi entendu, c’est pourquoi je cherche actuellement de l’argent afin d’acheter des sacs de riz pour ma mère. Donc, arrivés à Lansanayah Barrage, il y a un passager qui devait descendre. C’est là-bas que j’ai été interpellé », a dit le prévenu.
Interrogé à son tour, le gendarme Mohamed a expliqué : « J’étais assis dans le taxi, habillé en civil. C’est un véhicule Mazda bleu. Quand j’ai entendu monsieur Seydouba Soumah et le chauffeur parler, le chauffeur a dit : “Préparez-vous, j’ai un grand […] qui m’a informé qu’il y aura un affrontement en Guinée.” Et il y a Seydouba, qui était au téléphone, qui a répondu directement au chauffeur en disant : “Moi aussi, j’ai entendu la même chose. C’est pourquoi je suis en train de chercher de l’argent pour envoyer ma mère en Côte d’Ivoire. Parce que tant qu’il n’y aura pas de guerre dans ce pays, ça ne marchera pas.”
« Il y avait une femme qui était assise auprès de moi. Elle leur a répondu : “Arrêtez de dire ça. Nous, nous n’avons pas où aller avec nos enfants. Qu’Allah éloigne la guerre de la Guinée.”
« Comme on était proche de Lansanayah Barrage, j’ai écrit au commandant de la gendarmerie de là-bas. Arrivés, j’ai trouvé un agent sur place qui nous attendait. J’ai fait signe à ce dernier d’appeler les autres. Pour retarder le chauffeur, je lui ai remis 20 000 GNF, mais dès qu’il a vu les gendarmes venir, il a pris la fuite avec le véhicule. Nous avons alors pris Seydouba. »
Prenant la parole, le parquet a rappelé qu’il s’agissait d’une affaire « sensible et complexe ». Il a sollicité l’ouverture d’une information judiciaire afin de saisir un juge d’instruction pour approfondir les enquêtes.
Le ministère public a notamment demandé que le chauffeur soit retrouvé afin de permettre d’identifier le militaire qui lui aurait communiqué ces informations sur un éventuel affrontement à venir.
Le parquet a également rappelé qu’il y a des caméras dans les principaux carrefours de la capitale. Il estime donc nécessaire de rechercher le véhicule afin d’identifier son immatriculation et de mettre la main sur le chauffeur en question.
Par ailleurs, le ministère public a demandé le maintien en détention du prévenu Seydouba jusqu’à ce que le chauffeur soit retrouvé.
Après cette intervention du parquet, le tribunal a redonné la parole au prévenu, qui a déclaré : « Je ne savais pas que ça se passerait comme ça. Pardonnez-moi. »
Le tribunal n’a pas suivi le parquet dans sa demande et a renvoyé l’affaire au 16 septembre prochain pour les réquisitions et les plaidoiries.
Elisa Camara
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Last modified: 9 septembre 2026





