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Conakry : 1 309 cartons de charbon de chicha saisis, quatre personnes interpellées

6 octobre 2026

Conakry- L’Office central anti-drogue (OCAD) a présenté, ce mardi 6 octobre 2026, à son siège à Conakry, quatre personnes interpellées dans le cadre d’une opération visant des boîtes de nuit et chicha lounges. L’opération s’inscrit dans la lutte contre la consommation de chicha, instruite par le procureur général près la Cour d’appel de Conakry.

Selon l’OCAD, ces opérations ont permis la saisie de plusieurs produits et accessoires liés à la consommation de chicha, notamment 1 309 cartons de charbon de chicha et 168 accessoires de chicha, ainsi que d’autres produits présentés comme utilisés dans certains mélanges.

Abdoulaye Sangaré, Directeur général de l’Office explique que ces interpellations font suite à des patrouilles menées dans plusieurs quartiers de la capitale : « la division des opérations de mon service a effectué des patrouilles dans différents quartiers de la capitale. Au cours de ces patrouilles, elle a effectué une saisie sèche de 1 309 cartons de charbon de chicha. Ensuite, elle a interpellé quatre gérants de boîtes de nuit, de chicha lounge ainsi que plusieurs objets, dont 168 accessoires de chicha, du siro de théralène, des comprimés de fénergant, de la bière, du tramadol, que les chicha lounges mélangent aux aromes pour en faire de la drogue. »

L’OCAD met également en avant les risques sanitaires liés à la consommation de chicha, estimant qu’elle constitue une menace importante pour la santé publique : « il faut rappeler que la chicha est un nocive pour la santé publique plus que la cigarette. Une seule séance équivaut à fumer 20 à 40 mèches de cigarette. Elle contient des substances toxiques, du goudron et du monoxyde de carbone. Elle peut impacter le poumon, les lèves de la vessie et les voies aérodigestives. »

« Il y a plus de pitié », prévient l’OCAD

Malgré les campagnes de sensibilisation menées dans les médias et les lieux de culte, l’Office estime que certains établissements continuent de proposer la chicha : « cependant, malgré les multiples sensibilisations par voie de presse, dans les mosquées, dans les églises, les tenants des chichas lounges, des bars et des boîtes de nuit continuent à braver cette interdiction en utilisant la couche juvénile et en créant des problèmes de santé publique. »

Face à cette situation, l’OCAD annonce vouloir intensifier les opérations contre les établissements concernés, en s’appuyant notamment sur les dispositions du Code pénal : « c’est pourquoi l’Office Central Anti-Drogue, en tant qu’organe central de la lutte contre les stupéfiants, est déterminé à nettoyer systématiquement ces fumoirs et traquer ces hors-la-loi juste dans leurs derniers retranchements, conformément aux dispositions des articles 812 alinéa 3, 813 et suivants du Code pénal. »

L’Office assure toutefois privilégier une stratégie de ciblage plutôt que des opérations indistinctes : « nous sommes en train de faire un ciblage parce qu’il faut couper le mal par la racine. Pour le moment, on ne s’intéresse pas au fumeur, on ne s’intéresse qu’au ravitailleur, là où on vient pour fumer, mais quand ces coins sont finis, c’est nettoyé, on n’a plus où fumer. »

Le responsable de l’OCAD poursuit : « c’est pourquoi l’OCAD va avec méthode. On ne vient pas comme ça, faire du bruit, prendre tout le monde, ce n’est pas comme ça. On fait un ciblage et pour éradiquer. Sur le terrain, lorsqu’il nous voient, il n’y a pas de résistance. Nous venons, on les voit parce que le cadre agit avec la flagrance. On a les informations, nous infiltrons les milieux et nous venons, nous trouvons les gens en pleine action, on récupère et on les dépose, on les présente à la télé. »

Pour l’Office, la phase de sensibilisation a désormais laissé place à la répression : « il y a plus de pitié. On n’a plus besoin de sensibilisation, c’est réprimé. Parce qu’on a trop sensibilisé en Guinée. »

Les personnes présentées contestent leur implication

Présenté parmi les personnes interpellées, Moussa Traoré affirme pour sa part qu’il travaillait uniquement comme vendeur de boissons dans un bar et qu’il ne détenait pas de chicha au moment de son arrestation : « je suis là, on m’a dit que c’est à propos de la chichas. Moi, je vendais des boissons dans une boîte là, dans un bar. C’est là où on est venu me prendre. J’étais derrière le comptoir, je vendais les boissons. Pas sur moi, pas avec moi. Je n’avais pas de chicha. »

Il affirme avoir lui-même demandé à son patron d’éviter la chicha dans l’établissement : « depuis qu’on a entendu l’affaire de chicha, moi j’ai dit au patron que je n’ose pas les problèmes, je ne veux pas des problèmes. Moi, je suis au comptoir. Donc je lui ai dit d’éviter ça, sinon moi je ne viens pas au travail. »

Selon lui, les équipements avaient été retirés du comptoir et rangés dans un magasin : « donc, il a emballé tout, il avait tout emballé, il a envoyé dans le magasin. Ce n’est pas qu’ils sont partis prendre dans le magasin, c’était bien emballé. On n’utilisait pas. Ceux qui sont partis prendre, faut les demander seulement. Il n’y avait rien là-bas, il n’y avait pas de fumée, il y avait beaucoup de monde. Il y a beaucoup de témoins pour ça. »

« Je suis un simple travailleur », affirme Thierno Amadou Diallo

Thierno Amadou Diallo, également présenté par l’OCAD, affirme avoir été interpellé à Foula Madina alors qu’il travaillait dans une boîte de nuit : « on m’a pris à Foula Madina. Selon les informations, ça concerne la chicha. On m’a trouvé, j’étais arrêté, on m’a dit de sortir et de monter dans le pick-up et j’ai suivi les instructions. »

Il nie toute implication dans la vente de chicha et précise ne pas être le gérant de l’établissement : « concernant la vente, je n’ai rien à voir avec la vente. Donc, je sais pas s’ils ont saisi ou pas. Moi, on m’a juste trouvé arrêté, on m’a dit de monter et j’ai coopéré, je suis venu. »

Et d’ajouter : « je travaille dans la boîte, mais je suis pas gérant. Il y avait beaucoup de personnes. Je n’ai pas été la seule personne à avoir été arrêtée dans la boîte. Je sais, je suis un simple travailleur. »

Yamoussa Bangoura dit ignorer l’interdiction

Yamoussa Bangoura, lui, affirme avoir été interpellé au Castel alors qu’il s’y était rendu pour consommer de l’alcool : « on nous a pris au Castel, j’étais juste parti consommer de l’alcool. Non, non. Je n’ai pas entendu que c’était interdit. »

Rawo Yombouno : « Je ne suis pas propriétaire »

De son côté, Rawo Yombouno explique que son interpellation est liée à une boîte située à Sonfonia, où il affirme travailler sans en être le propriétaire. Selon son récit, les agents se seraient rendus dans l’établissement alors qu’il dormait. Un collègue l’aurait ensuite informé de leur présence : « je suis là à cause de la chicha. De base, je n’étais pas dans la boîte. Ils sont venus dans la boîte à Sonfonia, ils ont trouvé les collègues avec lesquels je travaille, ils ont pris les machines qui étaient même au sol. »

Il affirme avoir expliqué aux agents que l’activité liée à la chicha avait cessé depuis longtemps : « quand je suis sorti, j’ai demandé au monsieur, c’est quoi le problème ? Il m’a dit : “Ah, il y a la chicha.” J’ai dit : “mais rien n’était allumé, et puis nous, on a arrêté la chicha depuis longtemps.” »

Rawo Yombouno précise qu’il serait chargé de gérer la page de l’établissement, dont le propriétaire se trouve, selon lui, en Espagne : « donc, je suis pas propriétaire. C’est moi qui gère la page de la boîte. Le propriétaire n’est pas là, lui, il est en Espagne. »

Il soutient enfin que les machines saisies avaient déjà été emballées et n’étaient plus utilisées : « je me suis dit qu’il n’y allait pas avoir de problèmes puisque les machines étaient déjà bien emballées et c’était plus sur le comptoir. Puisque avant c’était exposé. Il n’y avait personne dans la boîte. Aucune consommation. »

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com

Last modified: 6 octobre 2026

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